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Depuis le mois d’avril, Sofia, notre chargée de mission Prévention des déchets, ainsi que Frédérique, Alice et Ondine, nos trois animatrices Prévention déchets, vont à la rencontre des habitants et des commerçants yvelinois, altoséquanais et parisiens afin de les sensibiliser à la gestion des déchets et au tri. Dans le cadre de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets (SERD) nous avons interrogé Sofia sur ses missions …

Portrait Sofia IdF

Sofia, peux-tu nous parler un peu de tes différentes missions en tant que chargée de projet Prévention déchets ?

J’ai trois grandes missions :

  • la gestion de projet avec la construction d’un plan d’action avec chaque collectivité en lien avec le SYCTOM ;
  • la gestion d’équipe : il s’agit de donner du sens au travail de chaque éco-animateur, de créer un climat de collaboration et de bienveillance;
  • l’animation :  C’est indispensable de connaître la réalité du terrain. Cela permet aussi d’adapter nos interventions aux différents contextes que nous rencontrons.

D’après toi, pourquoi le SYCTOM a-t-il fait appel à des associations d’éducation au développement durable pour ce travail de sensibilisation ? 

Nous accordons une grande attention à la qualité de l’échange avec les habitants ; l’animation étant notre coeur d’activité. Si notre mission première est de délivrer le message lié au tri que la collectivité souhaite véhiculer, nous sommes également là pour écouter les freins qui empêchent les habitants de réduire leurs déchets, leur partager des astuces ou des solutions et faire remonter l’information aux collectivités pour qu’elles puissent ensuite agir.

L’information et la sensibilisation en porte-à-porte constitue un part importante de la mission. Comment êtes-vous reçues par les habitants et les commerçants ?

De façon général, nous sommes très bien accueillies. Les personnes sont contentes que la collectivité prenne des initiatives comme celle-ci. Mais nous trouvons également des personnes défavorables à la démarche du porte à porte (pas au tri). Ils ont peur ou se sentent agressés car ils pensent que nous venons leur vendre quelque chose.

Quels sont les causes les plus courantes exprimées par les personnes qui ne trient pas leurs déchets ? 

Nous intervenons à Paris, dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine, et chaque territoire est diffèrent. Avec l’expérience, nous avons appris que le tri des déchets est fortement lié au contexte social de la personne. De façon générale, nous ne trouvons presque pas de réfractaires au geste de tri. Ils sont 4% en moyenne. Il s’agit souvent d’un désaccord avec la collectivité :  » je paie mes impôts c’est à eux de faire le tri », « les rues sont sales je ne vois pas pourquoi je dois faire un effort pour trier alors que la collectivité ne fait pas bien son boulot ». Convaincre une personne réfractaire est très compliqué (voire impossible) car les causes sont liées avec leur rapport à la collectivité et donc pas forcément au geste de tri.

On trouve plutôt des personnes qui ne pensent pas forcément à faire le tri de façon automatique que ce soit par méconnaissance du dispositif de tri ou parce qu’elles pensent à la complexité du geste car personne n’est venu discuter avec eux sur comment et pourquoi trier les déchets. Les consignes ont beaucoup changé au cours des dix dernières années et elles ne sont pas forcément identiques d’une ville à l’autre. Certaines personnes se sentent perdues. Il arrive aussi que le dispositif de tri soit défaillant (absence d’une poubelle de tri, poubelles pleines, …) et complique le geste de tri. Nous jouons donc un rôle essentiel car ces échanges permettent d’identifier les problèmes et de chercher les solutions pertinentes.

 

Stand Prévention déchets SYCTOM

 

Des actions concrètes sont-elles prises par les communes suite à vos interventions pour remédier aux problématiques que vous avez soulevées ?

C’est assez compliqué à dire pour le moment car pour résoudre les problématiques que nous soulevons, différents acteurs entrent en jeu (bailleurs sociaux, co-propriété, entreprises de collecte, collectivité, …). Là où nous pouvons rapidement voir l’impact de nos actions c’est dans le tonnage de collecte du verre et des multi-matériaux.

Suite au succès d’une animation sur le troc de livres menée sur une semaine dans le cadre de la semaine du développement durable dans les gares de Versailles, la collectivité étudie la mise en place d’un point permanent de troc de livres dans une de gare à Versailles !

Aviez-vous des actions spécifiques prévues pour la SERD ?

Oui ! Nous avons participé à la journée Zéro Déchet organisée par Versailles Grand Parc le samedi 19 novembre. Nous animions un stand anti-gaspi afin de faire réfléchir les participants au gaspillage alimentaire.

Pour terminer, quels conseils donnerais-tu aux personnes qui souhaitent réduire leur production de déchets, puisqu’on le sait bien « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas » ? 

La production de déchets est directement liée à notre façon de consommer. On achète et jette sans arrêt. Une fois qu’on a porté son canapé aux encombrants, il n’existe plus. Il n’est plus à nous. J’encourage les personnes à être dans une démarche de réutilisation, revente, réparation, transformation, … En Île-de-France, nous avons des recycleries, repairs cafés, EMMAUS, le Bon Coin, … les moyens sont là. Nos habitudes doivent changer petit à petit. Trouver une option alternative au fait de jeter nos affaires doit devenir un réflexe.

Par rapport aux emballages, beaucoup des personnes nous disent que c’est aux entreprises de réduire leurs emballages. Selon moi, ce n’est pas qu’aux entreprises de changer notre façon de consommer, c’est à nous de leur montrer qu’on en a marre de ces méthodes de production. Si on achète des produits sur-emballés, pourquoi l’industrie changerait-elle sa façon de conditionner les produits qu’elle nous vend ? Si on consomme davantage de produits peu emballés ou avec des emballages recyclables, ils devront s’adapter car leur offre ne sera plus adaptée à la demande.

Cela paraît simple, mais dans la pratique on trouve que c’est compliqué et plus cher. En vrai, acheter en vrac serait entre 5% et 50% moins cher. Actuellement dans beaucoup de surfaces en France nous pouvons trouver des aliments basiques (riz, pâtes, café, céréales, …) en vrac. Ce sont des petits gestes qui ont un grand impact écologique : pas d’emballages à jeter, pas d’emballages à produire et en plus on lutte contre le gaspillage alimentaire en achetant la quantité dont on a vraiment besoin !

Et bien sûr, parlez-en autour de vous ! Vous êtes les meilleurs ambassadeurs du zéro déchet !

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